
L'économie mondiale continue de naviguer dans un paysage difficile marqué par des risques géopolitiques persistants, l'incertitude politique aux États-Unis et une croissance atone en Europe.
Si les pressions inflationnistes se sont atténuées dans de nombreuses régions, le risque subsiste que les niveaux de prix restent élevés dans certains secteurs, ce qui complique les décisions de politique monétaire. Des facteurs tels que la volatilité des prix de l'énergie, les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et l'instabilité géopolitique peuvent contribuer à une inflation plus élevée que prévu, retardant ainsi la normalisation des taux d'intérêt.
Les banques centrales ont réagi en adoptant des politiques plus accommodantes, la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque nationale suisse signalant toutes un mouvement d'assouplissement quantitatif. Toutefois, le calendrier et l'ampleur des nouvelles baisses de taux restent incertains. En décembre 2024, la Réserve fédérale a revu à la baisse ses prévisions de nouvelles réductions de taux, adoptant une position plus prudente en réponse à des données économiques plus fortes que prévu et à une inflation persistante dans certains secteurs.
Dans ce contexte, les investisseurs se tournent de plus en plus vers les actifs réels pour se protéger de la volatilité des marchés financiers. Les inquiétudes suscitées par l'augmentation de la dette publique et des déficits budgétaires ont alimenté la demande de réserves de valeur alternatives, notamment l'or et, dans une certaine mesure, les crypto-monnaies. Avec la modération de l'inflation et l'ajustement des politiques monétaires, les actifs réels regagnent en importance dans le cadre d'une stratégie de préservation de la valeur à long terme.
Les conflits géopolitiques continuent de façonner les conditions du marché. Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont contribué à accroître la volatilité, en particulier sur les marchés de l'énergie et des matières premières. En Europe, les prix du gaz naturel ont grimpé au début de l'année 2025 en raison de l'arrêt des exportations de gaz russe via l'Ukraine, de la baisse des niveaux de stockage et de la concurrence accrue pour les importations de GNL. Comme les stocks de gaz européens devraient terminer l'hiver à des niveaux inférieurs à ceux des années précédentes, la volatilité des prix de l'énergie reste une préoccupation économique majeure.
Tendances économiques en Suisse
L'économie suisse a fait preuve de résilience en 2024, enregistrant un taux de croissance de 1.0%, les projections indiquant 1.5% en 2025, soutenue par l'assouplissement des conditions monétaires. L'inflation a régulièrement diminué, passant de 1.1% en août 2024 à 0.6% en décembre 2024, les prévisions suggérant qu'elle se maintiendra à 0.6% en 2025. Le marché du travail reste solide, même si la croissance de l'emploi s'est ralentie, entraînant une légère hausse du taux de chômage.
La politique monétaire suisse devrait continuer à s'assouplir, le taux SARON étant prévu à 0.35% pour les 12 prochains mois. De nouvelles baisses de taux par la Banque nationale suisse sont attendues, ce qui pourrait soutenir davantage l'activité économique.
Malgré ces indicateurs positifs, des risques persistent. Un ralentissement prolongé en Allemagne et en France - deux des principaux partenaires commerciaux de la Suisse - pourrait peser sur les exportations suisses. L'affaiblissement de la production industrielle et des dépenses de consommation sur ces marchés pourrait réduire la demande de biens et de services suisses. En outre, l'élection d'un nouveau gouvernement américain a accru l'incertitude sur la politique commerciale, avec la possibilité d'une augmentation des droits de douane sur la Chine, l'UE, le Mexique et le Canada. Ces mesures pourraient perturber les flux commerciaux mondiaux, avoir un impact sur les chaînes d'approvisionnement et contribuer à accroître la volatilité du marché.
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